۞ Après avoir créé Félicity, Alias et Lost, et réalisé Mission : Impossible III, J.J. Abrams se lance dans la production et finance Cloverfield.
۞ Pour ne pas trahir son "
mythe médiatique", le réalisateur fou fait naître un Buzz invraisemblable autour du film : à l'instar de
Lost, les spectateurs peuvent suivre leur propre enquête sur le net, dans l'espoir de découvrir dans un premier temps qui est à l'origine de cette destruction de Manhattan, et dans un second pourquoi est-il ici. Le tout se fait à travers des fausses publicités (
diffusés sur les ondes américaines), des articles de journaux,
Slusho!...
۞ Succès réussi : la sortie de Cloverfield atteint des proportions invraisemblables et l'Aura mystérieuse entourant le long métrage s'épaissit. Car oui, le film n'apporte aucune réponse en lui-même et vient seulement poser sa pierre à un édifice en pleine construction. Il est à prendre tel qu'il est : une pièce du puzzle, un élément du "Mystère Cloverfield".
۞ C'est ici que repose le génie d'Abrams : encore une fois, le spectateur n'est pas passif. Il doit réfléchir, analyser... Cloverfield n'est pas un vulgaire "film de monstre". C'est une énigme. Pour pimenter le tout, le réalisateur confie l'écriture du scénario à une autre forte tête : Drew Goddard. Le scénariste est déjà bien connu des fanatiques de séries TV : il est à l'origine de certains meilleurs épisodes de Buffy The Vampire Slayer ("Selfless", "Conversations with Dead People"...) et a rejoint le cast d'Alias et Lost à la fin des aventures de la célèbre tueuse. Autant dire que l'entente entre le créateur et l'écrivain est déjà chose acquise : la ligne narrative est simple mais parsemée de clins d'½il ("Dharma"...). Le double niveau de lecture fait son ½uvre.
۞ Pour attiser les médias, le support du film innove : c'est un document, un film de "vacances". L'équipe du film pousse ainsi les limites déjà tâtonnées par le Projet Blair Witch. Sous la caméra de Matt Reeves, le résultat est sans appel et les critiques encensent l'effort.
۞ Petite note obligatoire vis à vis de la bande son. Pourtant absent de la totalité du film (support oblige) Michaël Giacchino (autre fidèle d'Abrams) vient signer le somptueux générique final. Puissant, dramatique et grandiose, le morceau est un pur bijou.
۞ Au final, qu'il déçoive ou enchante Cloverfield marque. Par sa forme mais aussi par tout le travail complexe agencé autour, la production a su réitérer un phénomène déjà amorcé par la Lost Expérience à une plus grande échelle. Il s'agit ici, à mon avis, d'un nouveau genre de films, le "film actif" : un long métrage qui vous pousse à rechercher, confronter, analyser... au-delà du support initial pour en comprendre tout son sens.
۞ Pour plus d'informations sur le passé ou le futur (
on parle actuellement d'un "Séquel" pour 2009) de
Cloverfield, je vous invite à consulter les sites suivants :
ici et
là.
"Wait, you know Superman ? I think I'm feeling something here... Are you aware of Garfield ?"